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La rotation des cultures numériques : comment renouveler votre potager pour éviter l’appauvrissement de l’accessibilité - Transcript
Bonjour à toutes et à tous.
Comme cela a été très bien introduit, je vais vous présenter l’épisode 2 du potager accessible, à savoir, mon retour d’expérience suite à deux ans et demi en tant que référente accessibilité numérique dans mon entreprise.
Tout d’abord, pour les personnes qui en auraient besoin, vous pouvez scanner le QR code affiché à l’écran pour accéder à la transcription de la présentation.
J’aime toujours autant le potager alors j’ai décidé de continuer à filer cette métaphore que j’avais utilisée en 2023, lors de ma conférence avec Arnaud Delafosse, que j’appelle désormais l’épisode 1 du potager accessible.
Commençons par une remise en contexte
Il faut savoir que l’accessibilité numérique dans mon entreprise est née d’une initiative personnelle. Lors de mon entretien d’embauche, j’ai fait part de mon intérêt pour le sujet et de ma volonté de le mettre en pratique dans cette entreprise, même si ce n’était pas demandé.
Cela a été accepté tant que ça ne prenait pas trop de temps sur mon travail de développeuse. J’ai commencé par mettre en place une bibliothèque de composants accessibles, puis j’ai animé une sensibilisation à l’accessibilité numérique auprès de mes collègues du département IT et de quelques autres équipes. Petit à petit, le sujet a pris de l’ampleur.
Il faut savoir qu’en Suisse, pour les entreprises privées comme nous (je rappelle que je travaille chez un opérateur télécom) il n’existe aucune obligation légale de respecter l’accessibilité numérique. La loi est en cours d’évolution mais ce n’est pas le cas aujourd’hui.
Le schéma pluriannuel d’accessibilité numérique n’existe absolument pas en Suisse. On peut en établir un, mais ce n’est pas obligatoire.
À l’époque, je n’étais pas officiellement référente accessibilité numérique. Je faisais principalement des sensibilisations, puis j’ai eu l’occasion d’organiser des audits de conformité sur un parcours utilisateur pour une de nos marques : du site vitrine à l’espace personnel, en passant par la boutique en ligne, l’écran de connexion, ainsi qu’une autre plateforme permettant aux personnes clientes d’effectuer un certain nombre de tâches sur leur compte de manière autonome; par exemple l’oubli d’un mot de passe, la création de compte et d’autres actions similaires.
Enfin, environ six mois après la conférence de 2023, j’ai été nommée officiellement référente accessibilité numérique, toujours en parallèle de mes activités de développeuse front-end.
Alors, qu’est-ce que je retire aujourd’hui de cette expérience accumulée ?
Partons d’abord d’une définition commune. Pour moi, une personne référente accessibilité numérique est là pour instaurer une culture de l’accessibilité numérique dans une entreprise et faire en sorte qu’un maximum de personnes deviennent autonomes dans sa mise en pratique.
Si vous avez suivi l’épisode 1 du potager accessible, vous allez retrouver des éléments similaires, simplement enrichis de mon vécu de référente accessibilité numérique.
Alors, comment fait-on pour instaurer cette culture et rendre les personnes autonomes sur ce sujet ?
Commençons par la base : planter les graines.
J’en avais déjà parlé lors de la première session, mais c’est encore plus flagrant aujourd’hui. Je continue d’animer des sensibilisations régulièrement. Il est très important de sensibiliser au plus haut niveau de la hiérarchie : leur soutien conditionne la réussite de ce changement de culture. C’est vraiment essentiel. Si vous n’embarquez pas la Direction, ça va compliquer les choses. J’insiste sur le fait de sensibiliser de la manière la plus concrète possible. Pour commencer ma sensibilisation qui est très théorique, je commence par faire participer les gens à l’escape game accessibilité créé par Orange. Si vous ne connaissez pas cet outil, il s’agit d’une plateforme permettant de passer des étapes selon une durée indiquée (15, 30 ou 45 minutes). On va vous demander de cliquer sur des boutons de couleur dans un certain ordre sauf qu’ils sont tous gris, de remplir un formulaire sans aucune indication de ce que l’on vous demande, de cliquer sur un bouton de fermeture de modale alors que le curseur bouge tout seul et que la zone de clic est minuscule et bien d’autres épreuves. Le but est de se faire une idée de la frustration liée à l’inaccessibilité du web et ça fonctionne très bien !
J’ai aussi organisé la venue de 2 membres d’une association représentative de personnes aveugles et malvoyantes pour qu’elles témoignent de leur expérience du numérique au quotidien, des difficultés qu’elles peuvent rencontrer et de ce qu’on peut faire pour leur faciliter la vie. Ça a marqué mes collègues, il y a eu des questions et j’ai vraiment senti une prise de conscience plus large à partir de ce moment-là. Les choses auxquelles je leur disais de faire attention étaient les mêmes que remontaient ces personnes et ils en ont compris l’impact concret à ce moment-là. Dites-vous bien que c’est difficile de se rendre compte de l’impact que notre fonction peut représenter en matière d’accessibilité quand on ne connaît pas ou peu le sujet. Je ne pense pas qu’une personne designer, chef·fe de projet ou développeur/développeuse puisse se dire comme ça, « si j’utilise telle couleur ou telle librairie, je risque d’exclure tant de personnes ayant tel handicap ». Non… Donc, du concret s’il-vous-plaît !
On peut organiser des ateliers pour accompagner les gens à la suite d’une formation spécifique. Par exemple, si des collègues ont suivi une formation sur la rédaction de contenu accessible mais ne se sentent pas encore tout à fait à l’aise pour le faire seuls, il peut être utile d’organiser un atelier pratique ensemble. Ça peut être rapide, une heure suffit et ça permet de répondre à leurs questions tout en les aidant à devenir autonomes plus rapidement.
Des ateliers de remise à niveau peuvent aussi être utiles. Si vous avez animé une sensibilisation auprès d’un certain public il y a plusieurs mois, voire plusieurs années : leurs connaissances ont peut-être besoin d’être actualisées. On peut alors organiser un atelier pratique sur des points de base, comme le respect des contrastes de couleurs ou la rédaction de contenu clair. Ce sont des points essentiels pour lesquels les gens n’ont pas encore forcément le réflexe
De la même manière que l’on replante chaque année des graines dans son potager, il est nécessaire chaque année de sensibiliser de nouvelles personnes. Il y a du turnover, de nouvelles personnes arrivent et elles doivent acquérir les connaissances nécessaires en matière d’accessibilité numérique. Si votre entreprise dispose d’un processus d’onboarding, c’est l’occasion idéale d’y intégrer une session de sensibilisation à l’accessibilité numérique.
Au-delà du partage de connaissances, les sensibilisations permettent de se faire de nouveaux ou nouvelles allié·es : vous verrez rapidement les personnes intéressées. Mais attention, vous verrez aussi celles qui le sont moins. Attendez-vous à ce que l’enthousiasme autour de ce sujet soit inégal. On pourrait croire que l’inclusion des personnes handicapées intéresse tout le monde, que c’est une évidence pour chacun. Mais pour certaines personnes, c’est une contrainte supplémentaire, un travail de plus alors qu’elles ont déjà un agenda chargé. Ce sont des personnes qu’il faudra convaincre davantage. Nous reviendrons sur ces allié·es dans quelques instants.
Maintenant que la graine de l’accessibilité numérique est plantée, il faut l’arroser régulièrement pour qu’elle pousse.
Autrement dit, il faut communiquer autour du sujet pour qu’il se développe dans l’entreprise.
Comment procéder ?
Si possible, il faut utiliser différents canaux pour toucher différents publics. Par exemple, dans mon entreprise, nous disposons d’une plateforme dédiée au personnel de vente, qu’il soit en magasin ou au service client. Il s’agit d’une base de connaissances leur permettant de répondre rapidement aux questions des clients et des clientes. Sur cette plateforme, j’ai eu l’occasion de partager des informations sur l’accueil des personnes handicapées, plus précisément des publics sourds, malentendants, aveugles et malvoyants. Ainsi, le personnel de vente en magasin dispose d’informations pour mieux accueillir ce public.
Il faut évidemment aussi outiller les gens, créer de la documentation et idéalement faire participer les équipes à la création de ces outils. J’ai par exemple créé trois guides très simples. L’un explique : comment utiliser de bons contrastes, le deuxième : comment rédiger des textes alternatifs pertinents pour les images et dans quels cas les utiliser et le dernier : comment communiquer clairement et efficacement sur les réseaux sociaux. Pour illustrer ces guides, j’ai fait appel à une collègue designer de l’équipe communication qui a créé des affiches autour de ces guides. Elles ont été installées à proximité des équipes de communication / marketing et digital qui gèrent nos sites principaux. Ça offre un moyen de communication plus ludique et permet aux personnes intéressées d’accéder rapidement à une information qui pourrait les concerner.
Il est très important de montrer que le sujet avance et qu’il ne s’arrête pas après une sensibilisation. Si votre structure dispose d’une newsletter interne, profitez-en ! C’est très pratique pour partager les différentes réussites. Par exemple, une plateforme devenue conforme, des documents internes rendus accessibles etc. Ça montre que le sujet progresse auprès d’un public plus large.
Revenons sur les allié·es. Grâce à ceux que vous aurez découverts ou découvertes lors de vos sensibilisations, vous pourrez organiser un groupe de travail interne afin de partager des idées.
Que ce soit autour de la communication : certaines personnes du groupe seront peut-être plus proches d’un ou d’une responsable que vous avez du mal à convaincre et ça peut faire la différence.
Autour de la sensibilisation : des idées d’ateliers ou d’interventions peuvent émerger.
Ou encore autour de la définition de projets : vous ne pouvez pas tout voir ni tout savoir. Ce réseau peut vous faire remonter des besoins concernant des projets existants ou de nouveaux projets à mettre en place.
Si votre structure organise des événements de type « All Hands » (pour les personnes qui ne connaîtraient pas ce terme, il s’agit d’un événement où tous les employés de l’entreprise se réunissent pour partager les chiffres de la société, les réussites etc.), ça peut aussi être une belle opportunité pour partager ce qui a été accompli. Dans ma structure, ça fait deux années de suite que je prends la parole lors du premier All Hands de l’année pour récapituler tout ce qui a été fait en matière d’accessibilité numérique l’année précédente. Cela permet là aussi de montrer que le sujet avance, qu’il mobilise de nombreuses équipes et surtout qu’il produit des résultats concrets.
Le but de toute cette communication est de rendre visible la démarche, bien sûr, mais aussi de vous rendre visible en tant que référent ou référente accessibilité numérique. Il est très important d’être identifié par un maximum de personnes pour faire avancer le sujet.
Enfin, il faut communiquer auprès du grand public sur vos avancées en matière d’accessibilité. Dans notre cas, nous avons une page accessibilité sur notre site principal, où l’on trouve le lien vers ce que j’ai appelé un « bilan d’amélioration de l’accessibilité ». Je le disais au début, le schéma pluriannuel d’accessibilité n’est pas un document obligatoire en Suisse, j’ai créé ce document pour présenter les actions menées aux personnes intéressées par le sujet. C’est aussi un choix de communication de la direction de ne communiquer que sur ce qui a effectivement été réalisé.
Maintenant que les graines sont plantées et arrosées régulièrement, il faut observer les récoltes. Autrement dit, monitorer.
Disposer d’indicateurs permet de mesurer la progression du sujet.
Mon retour d’expérience est encore un peu récent sur ce point précis. Jusqu’ici, je n’avais présenté que le nombre de personnes sensibilisées ou ayant reçu une formation spécifique.
Cette année, j’ai ajouté de nouveaux indicateurs que je présenterai à la direction en début d’année prochaine : le nombre de tickets relevant des bugs d’accessibilité et le délai de leur correction. Cela peut aider à lancer des discussions sur la priorisation de ces tickets, mais aussi sur la dette technique et sur les moyens de l’éviter.
Je vais également établir la liste des projets principaux avec leur niveau d’accessibilité, ce qui permettra de définir des priorités pour les années à venir.
À présent, abordons une partie sur laquelle je me suis un peu cassé les dents. Le but de cette conférence est que vous ne commettiez pas les mêmes erreurs que moi. Et justement, nous y voilà.
Un bon jardinier prépare son calendrier de plantation et établit le plan de son potager pour savoir où planter quoi et quand. Nous allons parler ici d’anticipation
J’avais organisé une formation sur la création de PDF accessibles avec InDesign au mois de février, en me disant que c’était une période un peu moins tendue au niveau des disponibilités de chacun·e : le rush de fin d’année et les vacances étaient passés. Ce que je n’avais pas anticipé, c’est que c’est justement à cette période que les équipes sont mobilisées pour rédiger notre rapport annuel. Ainsi, la majorité des personnes concernées par cette formation ne pouvait pas y assister. J’ai donc dû la reporter de plusieurs mois, en m’assurant cette fois que les personnes concernées pouvaient y participer.
C’est tout simple : allez voir les gens et demandez-leur ce qu’ils font à la période où vous envisagez d’organiser une formation.
Autre erreur : j’ai fait réaliser des audits de conformité sur plusieurs plateformes, puis organisé une séance de restitution avec l’équipe concernée pour définir quand les corrections pourraient être apportées. Le problème, c’est que plusieurs projets majeurs ont pris la priorité sur ces corrections, qui, à ce jour, ne sont toujours pas réalisées. Ce que j’aurais dû faire, c’est m’assurer en amont que les équipes disposaient du temps nécessaire pour effectuer les corrections et planifier l’audit en conséquence.
Soyez proactifs ! Allez voir les chef·fes d’équipe pour savoir si de nouveaux projets démarrent ou si de nouvelles personnes rejoignent leurs équipes afin d’organiser les priorités d’accessibilité mais aussi d’anticiper les besoins de sensibilisation ou de formation.
C’est vraiment important de prendre sa place et d’aller voir les personnes responsables pour anticiper au mieux.
Certaines personnes vont très facilement vers les autres, sans aucune difficulté. Pour moi, ça n’a pas été évident au début. Je n’ai pas naturellement tendance à aller vers les gens, mais la fonction m’y oblige. J’apprends et je m’améliore chaque jour sur ce point.
Il est rare que les gens viennent vous voir spontanément, même si vous êtes identifié comme référent ou référente. Ce n’est pas par malveillance, ni un manque d’intérêt pour le sujet : c’est simplement qu’ils n’ont pas encore le réflexe, mais ça viendra avec le temps. En attendant, si vous êtes comme moi, forcez-vous un peu et allez-y !
Enfin, la partie la plus importante, je l’ai gardée pour la fin : il faut prendre soin du jardinier, autrement dit faire attention à soi
Le meilleur conseil que je puisse vous donner, c’est de lâcher prise. Je sais que ce n’est pas facile car j’ai moi-même eu beaucoup de mal à le faire, mais c’est essentiel. Il ne faut pas chercher à tout savoir faire. On peut s’améliorer, mais personne ne peut exiger de vous que vous soyez expert ou experte en tout et c’est normal.
Ce qui m’amène naturellement au point suivant : se faire accompagner par des entreprises spécialisées. Il en existe un certain nombre qui sont reconnues et qui sont là pour vous accompagner. Elles peuvent vous aider à mettre en place une stratégie, réaliser des audits ou vous aider pour les réaliser ou encore, former vos équipes. Bref, elles sont là pour vous soutenir.
Un référent ou une référente accessibilité est, par définition, une personne très transverse. Tous les profils peuvent accéder à ce poste. J’ai moi-même un profil technique à la base et très peu de connaissances en gestion de projet ou en planification. C’est pourquoi j’ai suivi la deuxième promotion du diplôme universitaire de référent accessibilité numérique de l’université de La Réunion, pour acquérir ces compétences. Vous pouvez aussi suivre des formations complémentaires en gestion de projet ou dans d’autres domaines. À l’inverse, vous pouvez venir de la gestion de projet, être très à l’aise dans ce domaine, mais ne pas du tout maîtriser la partie technique et ce n’est pas grave non plus. Là encore, vous pouvez vous former aux audits pour en acquérir les bases. Si vous n’êtes pas technique, l’important est d’être capable de déceler, a minima, si un support est accessible ou non. Ça ne demande pas d’être expert du sujet, mais d’avoir des connaissances de base.
Vous pouvez aussi consulter vos allié·es si vous manquez d’idées pour faire avancer un sujet ou si vous ressentez un trop-plein de frustration. Dans mon cas, plusieurs allié·es occupent également des postes où il n’est pas toujours facile de faire avancer les choses. Il y a une compréhension mutuelle et ce soutien peut être très bénéfique en cas de besoin.
Ensuite, célébrez chaque victoire. Chaque amélioration en matière d’accessibilité est une véritable victoire, qu’il s’agisse d’un simple contraste devenu conforme ou d’une plateforme toute entière.
L’année dernière, j’ai mené des tests utilisateurs avec des personnes aveugles et malvoyantes. Pratiquement toutes m’ont dit : « Merci pour ce que vous faites, merci de nous demander notre avis, merci de nous considérer. » Elles n’en avaient pas l’habitude et beaucoup étaient émues en me le disant. Je n’oublierai jamais ces mots. Pour moi, c’est l’une des plus belles victoires. C’est pour cela que je fais ce métier : pour inclure les gens. En même temps, ça me dérange un peu, parce que c’est normal de faire ça et elles ne devraient pas avoir à me remercier pour ça. Ça montre aussi le travail qu’il reste à faire.
On ne va pas se mentir : c’est un travail parfois frustrant et fatigant. Chaque victoire compte. Elle est importante pour votre bien-être mental.
Il faut aussi savoir se protéger et j’insiste vraiment là-dessus. C’est un beau métier, mais il est très exigeant psychologiquement. Ça demande des efforts, mais il faut savoir accepter que tout ne sera pas parfait et savoir prendre du recul.
On aimerait toutes et tous que ça avance plus vite et je pense que beaucoup d’entre nous aimeraient que ce sujet n’ait plus besoin d’être traité, parce qu’il serait pleinement entré dans les mœurs et que tout le monde concevrait des produits accessibles; mais ce n’est pas le cas. Le planning des autres ne correspondra peut-être pas à ce que vous aviez prévu. Je reviens ici sur l’erreur que j’évoquais plus tôt, concernant la planification des corrections après un audit. J’imaginais que ça allait se faire rapidement mais c’était sans imaginer qu’il y auraient d’autres sujets qui prendrait la priorité.
Lorsque je suivais le diplôme universitaire de référent accessibilité numérique, nous avons eu l’intervention d’Harmonie Peynot. Pour celles et ceux qui ne la connaîtraient pas, elle est experte RGPD chez Temesis. Elle nous a appris qu’il existait un service d’assistance psychologique pour les délégué·es à la protection des données. Si une personne dans la salle a une influence sur ce sujet, ce serait une excellente idée de créer l’équivalent pour les référents et référentes accessibilité numérique !
Et enfin, soyez résilient ou résiliente : pour moi, c’est vraiment la première qualité d’un référent ou d’une référente accessibilité numérique. Si ça ne fonctionne pas aujourd’hui, ça fonctionnera une autre fois. Marion Ranvier qui est la Directrice Générale de la Contentsquare Foundation a dit, lors de ce même diplôme universitaire : « Si la porte se ferme, passez par la fenêtre ; si la fenêtre se ferme, passez par le Velux ! » Saisissez la moindre opportunité de faire avancer le sujet, mais préservez-vous.
En conclusion, pourquoi ai-je appelé cette conférence « la rotation des cultures numériques » ?
Le parallèle est très simple.
Dans un potager, on pratique la rotation des cultures. Ça veut dire qu’on plante des légumes de familles différentes au même endroit pendant plusieurs années pour préserver la fertilité du sol, limiter l’apparition des maladies et permettre à chaque plante de se développer dans les meilleures conditions. Cultiver toujours la même chose au même endroit finit par épuiser la terre. Eh bien, pour l’accessibilité en entreprise, c’est pareil : si tout repose sur une seule personne, ça ne tiendra pas dans la durée et celui ou celle qui jardine finira par s’épuiser.
Faire de l’accessibilité, c’est finalement pratiquer une forme de rotation des cultures. Chaque année, on plante des graines à différents endroits : on sensibilise de nouvelles personnes, on accompagne différentes équipes au fil des projets et on transmet régulièrement les bonnes pratiques. L’objectif n’est pas que l’ensemble des employé·es de l’entreprise devienne expert en accessibilité, mais que l’accessibilité numérique soit présente partout, à chaque étape, portée par un maximum de personnes plutôt que de reposer sur quelques spécialistes isolé·es.
D’un côté, une terre bien entretenue produit de meilleures récoltes ; de l’autre, une entreprise qui cultive durablement l’accessibilité va créer des services plus utiles, plus robustes et plus accueillants pour toutes et tous.
Merci pour votre attention, avez-vous des questions ?