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Je n’ai jamais été à l’aise avec l’idée de parler en public. Plusieurs fois on m’a demandé si je voulais participer à des évènements meetups pour parler de mon sujet favori, l’accessibilité mais la peur à toujours pris le dessus. Puis, une nouvelle occasion s’est présentée, celle de proposer un sujet à Paris Web et là, je me suis lancée.

Une idée qui germe

J’ai eu la chance de pouvoir aller à Paris Web en 2015. Parmi toutes les conférences auxquelles j’ai pu assister, il y a eu celle de Marie Guillaumet sur le design de soi. Elle a abordé un sujet dont je n’avais jamais entendu parler : le syndrome de l’imposteur. Cette petite voix qui vous dit que ça ne sert à rien de faire un article, de donner une conférence, de partager quoique ce soit parce que, de toute façon, quelqu’un l’a déjà fait. Cette petite voix qui vous dit aussi que vous n’êtes pas légitime. Bien sûr, des personnes bien plus visibles que vous parlent déjà en long en large et en travers du sujet sur lequel vous aimeriez vous exprimer alors pourquoi répéter quelque chose qui a déjà été dit et redit ?

“Vous êtes légitimes”. Ces 3 mots ont eu une résonnance que je n’aurais pas pu imaginer !

Un premier pas, des articles

À partir de là, je me suis décidée à écrire des articles et à les intégrer à ma refonte de portfolio. Pas une grosse prise de risque mais un premier pas, mon retour sur Paris Web 2015.

À suivi un article de présentation de mon starterkit, Korat. Puis, un peu plus tard, un autre sur quelques pratiques de base pour faire de l’accessibilité. Pour celui-là j’ai eu des retours, et surtout, des retours positifs. Je n’étais pourtant pas très sûre de moi au moment de le publier, “est-ce-que je n’ai pas oublié de préciser un point ? Est-ce-que je n’ai pas fait d’erreurs ? Après tout, je ne suis pas experte et ces points sont vraiment basiques, est-ce-que ça va vraiment servir à quelque chose ?” Le syndrome de l’imposteur était bien présent.

Les retours positifs m’ont montré que ça servait à quelque chose. Ce n’est pas parce qu’un sujet vous paraît basique que ça l’est pour tout le monde. Chaque jour on apprend des choses qui sont basiques pour plein d’autres personnes après tout !

Un grand saut hors de ma zone de confort

Puis l’opportunité de présenter une conférence à Paris Web 2017 a pointé le bout de son nez. Le doute a vite fait la part belle à la surprise et à la joie que j’ai ressenties. “Je suis incapable de prendre la parole devant 30 personnes, comment je ferais ça à Paris Web ?” “Je vais être en face de personnes hyper pointues, est-ce-que mon sujet va les intéresser ?” J’en passe…

Ça s’est présenté sans que je ne demande quoique ce soit. Et quand les choses viennent à vous comme ça, c’est que vous devez foncer, sans vous poser de question. Alors j’ai proposé mon sujet et je me suis dit que s’il était retenu, c’est qu’il pourrait intéresser des gens. Un doute de moins. “Et puis si ça se trouve, il ne sera pas retenu et l’affaire sera pliée.” Dans tous les cas, j’étais déjà contente d’avoir osé faire ce pas de proposer un sujet, je prenais le “risque” que ce soit retenu.

Ce n’était évidemment pas un risque mais une opportunité de dingue, je le savais bien. Mais le stress à gérer en cas de sujet retenu me semblait être insurmontable.

Le verdict est tombé quelques semaines plus tard : sujet retenu. J’étais entre euphorie, surprise et … maisCommentJeVaisFaireÇaAuSecours.

Une fois redescendue sur terre, je me suis dit que j’avais le plus important. L’idée était déjà là : prendre l’article que j’avais fait comme base et l’améliorer. Ensuite, me concentrer sur le contenu, pas sur le jour J. Avoir la présentation la mieux possible, des slides claires.

D’ailleurs Reveal ou AccesSlide ? Je fais une conf sur l’accessibilité, je me dois d’être carrée à ce niveau… Cet article m’a aidée à choisir.

Transcript ou pas transcript ? Avec le stress est-ce-que je vais pouvoir sortir par cœur tout ce texte ? Dans un sens, c’est plus facile, mon texte sera prêt, je n’aurais qu’à faire une présentation à mes collègues pour avoir leur retour et ce sera bon. Mais si j’ai un gros blanc le jour J ? Et si je dévie complètement du transcript ? Bon on se détend. Qu’est-ce-qui est le mieux d’un point de vue inclusion et accessibilité ? Un transcript. Allez, au boulot !

Je m’y suis mise très tôt, pour avoir le temps de peaufiner, préciser certains points, apprendre petit à petit. J’avais besoin d’étaler ça au maximum, je ne pouvais pas attendre le dernier moment. Au début ça allait, puis au fur et à mesure que je recevais des mails du staff par rapport à l’organisation, un petit pic de stress venait… puis repartait. “Focus sur le contenu, le jour J est encore loin”.

J’ai fait une présentation devant des collègues UX, développeur back, chef de projet qui avaient des niveaux de connaissance variés en terme d’accessibilité. Idéal pour savoir si j’allais endormir les gens, les perdre ou si ça allait. J’ai eu principalement des retours sur la forme, moins sur le fond. J’ai ajusté tout ça jusqu’au jour de ma présentation.

Le jour J approchant, le stress commençait à être permanent, plus ou moins fort. J’avais beau me raisonner, ça restait compliqué. Grâce au staff et Nicolas Hoffmann, j’ai pu faire une répétition la veille du début de l’édition, dans la salle où j’allais présenter. Faire une présentation devant Nicolas était déjà une marche supplémentaire à gravir. Il fait partie des nombreuses personnes que j’admire dans le milieu du web et devant lesquelles je me sens toute petite. Il a su trouver les mots pour me faire déstresser et me faire comprendre que “ben on est tous pareil quoi”. Faire cette première présentation m’a beaucoup aidée. Pendant les 2 jours, je me suis ouverte petit à petit, je reste quelqu’un de discret, il ne faut pas s’attendre à ce que je fasse de longs discours. Mais l’ambiance bienveillante, l’humilité de toutes ces personnes que j’admire m’a réellement aidée. Le stress était toujours là mais j’ai fait au mieux pour qu’il ne prenne pas trop de place. Je me suis concentrée à fond sur les conférences jusqu’à ce que ce soit mon tour.

Conclusion

C’est une expérience vraiment fantastique à faire. Si l’imposteur à tendance à être trop présent chez vous comme il peut l’être chez moi, ça va vraiment vous aider de sauter le pas. Ma présentation était sans doute loin d’être parfaite mais je sais qu’elle a servi, comme le transcript, à quelques personnes qui m’en ont fait le retour et rien que pour ça, ça valait le coup !

Merci encore au staff pour leur travail colossal, leur bienveillance et leur aide et aussi à Nicolas, aussi pour sa bienveillance et pour avoir pris du temps pour me faire répéter :)

Lancez-vous!

Commentaires

Nico

17 octobre 2017

Ce fut un immense plaisir et un grand honneur… et franchement tu as bien assuré :)

Lena

18 octobre 2017

Merci beaucoup, c’est pareil pour moi :) C’était une très belle expérience !

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